Chambres avec vue, le retour

Éducation / Street-art / Urbex / 3 juillet 2013

C’est la présence qui fait le silence d’une chambre. [Henry David Thoreau]

Deuxième visite de l’internat.

Le deuxième billet concernant ce fameux internat devait voir le jour incessamment sous peu, c’est maintenant le cas. Retour dans ce spot magnifique, possédant un nombre incalculable de chambres, avec une vue à couper le souffle.

Le temps était plus ou moins de la partie. Le soleil était plutôt timide, mais il a fait quand même son apparition bien qu’un léger orage soit passé. Voiture garée à distance, direction « l’entrée » aperçue au premier passage. Cette fois-ci, moins de difficultés. Après avoir enjambé une fenêtre, l’intérieur du bâtiment a été gagné en moins de deux. Le revoilà, ce fameux bâtiment, si familier et en même temps si mystérieux, où le temps a été figé.

L’entrée, un sentiment de déjà vu.

La première pièce visitée avait déjà été vu la dernière fois. Tout semble avoir bougé. Il est clair que l’internat s’est trouvé une seconde vie, où bon nombre de personnes viennent y passer du temps. Malheureusement ce ne sont pas forcément toujours les bonnes personnes. Cette première salle est à la fois remplie de merveilles et de déchets. Des chaises en métal, des lits avec encore les matelas mais aussi des bureaux sont là, tout d’époque, offert. Par contre le sol montre à quel point les fêtards et squatteurs n’ont aucun respect du lieu, boîtes de Mc Do, bouteilles de bière, boîtes de cigarettes et packs en carton.

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Cette pollution ne semble pas trop gêner la flore. Ici la nature reprend progressivement ses droits. Les fenêtres se voient entourées de branches, la mousse et le lichen poussent à foison et toujours ces oiseaux qui se donnent un malin plaisir à passer de pièce en pièce par les fenêtres grandes ouvertes.

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Deux magazines « Femme Actuelle » jonchent le sol parmi les détritus dans une des pièces. Le prix est encore en Franc, ils datent de 1995. Une petite délectation, immortalisation de l’instant puis progression dans la bâtisse.

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Dortoir central du premier étage.

Retour dans la grande pièce centrale du premier étage. Beaucoup trop de choses sont encore sur place, un vrai régal. Une sévère impression que tout a bougé de place, mais pas vraiment la possibilité de savoir si c’est vraiment le cas, à moins d’avoir une excellente, voire une parfaite mémoire visuelle.

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Chambre individuelle.

Les pièces se succèdent, elles ont toutes quelque chose à offrir. Comme celle-ci avec ce bureau et ces lits. Elle possède encore son papier peint, entièrement recouvert de tags et marques au feutre et bombe. L’atmosphère à l’intérieur est très spéciale, quelque chose de mystique.

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Les casseurs et récupérateurs sont encore passés par là. Ils se sont sévèrement attaqués aux cloisons. Elles étaient déjà bien abîmées la dernière fois, mais là c’est encore pire. Ils ont quand même daigné laisser ce lavabo, qui trône au milieu du chaos et qui est dominé du blaze de Veni.

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Inachevé.

D’ailleurs Veni a bien investi les lieux, il a posé son blaze un peu partout dans le bâtiment. Sa marque ne laisse maintenant plus aucune hésitation. Il est passé pratiquement dans toutes les pièces intéressantes. Il a d’ailleurs tenté de réaliser un de ses « Trolls » sur des planches de bois, mais ce dernier est inachevé.

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Session graffs.

Il n’est pas le seul à avoir envahi l’internat, le CT crew est également présent (CT pour « Cause Toujours » et « Cartoon Troopers »). Ainsi, Spook est venu poser son blaze (déjà vu dans « Le tabac fait place au street art »), Zuik (vu dans « Des Fenwicks aux graffs » et « Des Fenwicks aux graffs, le retour »), Zyx (vu dans « Dancefloor & piscine ») et Zstone.

Icks est également présent (vu précédemment dans « Chambres avec vue » mais aussi dans « Le manège aux graffitis »).

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Tous les graffs sont datés de 2008, autant dire que les blazes ne « valent » plus rien actuellement, le graff étant un art éphémère.

En progressant dans l’internat une grande salle laisse apercevoir des tremplins, fabriqués avec les éléments sur place (radiateurs, bureaux, chaises et portes). Surement un parcours fait par les skateurs et riders de BMX.

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Assez sympa d’être tombé sur ces urinoirs, encore pas trop amochés et épargnés. Ils sont placés dans une grande pièce qui possède également des rangées de lavabos.

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Petite découverte.

Une des pièces (qui devait correspondre à une salle de cours) laisse en évidence des chaises peu banales, qui sont restées dans leur jus et qui n’ont fort heureusement pas été abîmées ni volées. Elles possèdent toutes un numéro et un tiroir sous leur assise. Chaque élève devait avoir sa propre chaise avec son numéro et pouvait ainsi mettre ses affaires de cours dans le tiroir. Un élément rare, vraiment sympa d’être tombé dessus.

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La progression se fait toujours tranquillement, tant l’atmosphère est intrigante. Mais toutes les fenêtres et volets en métal claques de partout. Pas de silence aujourd’hui, c’est même plutôt bruyant, des sons bizarres, des craquements, un bon par-ci par-là. Le vent semble jouer des tours.

L’avancée dans les couloirs laisse apparaître une autre petite découverte bien cool, ce calendrier, daté de 1984, abîmé mais encore lisible. L’histoire du lieu est alors encore plus mystérieuse, d’abord les magazines « Femme Actuelle » de 1995 et maintenant ce calendrier de 1984. Les années d’écart ne sont tout de même pas rien.

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L’extérieur.

Direction l’extérieur. Un préau est présent, ce fameux abri de nos années école primaire, la nostalgie prend le dessus.

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Celui-ci offre deux bonnes surprises. Une carcasse de voiture est là. Une vieille Peugeot 203, qui a bien vécu. Plus grand-chose n’est présent dans la voiture, juste le siège conducteur (qui est vraiment en mauvais état) et le volant. La plaque d’immatriculation arrière est encore là aussi.

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Le vieux préau graffé possède également ces portes manteaux, encore intacts, rouillés mais là. Assez rare surtout quand la bâtisse a subi du vandalisme, de la récupération et du vol.

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Enfin, la cour de récréation/sport laisse entrevoir encore deux paniers de basket, qui ont fait leur temps. La preuve en est, les arceaux ne sont plus là. Mais les panneaux sont toujours sur place.

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Ça y est, cette fois l’internat a été vu de fond en comble. De la cave au toit, en long et en large. C’est un spot encore assez intéressant, qui possède encore de belles choses, des chaudières en passant par le mobilier. Il s’est trouvé une nouvelle vie lui aussi, mais qui sait pour combien de temps encore. La plupart des gens fréquentant cet endroit ont plutôt l’air de casseurs et fêtards. Ici l’endroit n’a pas l’air d’être vraiment préservé… Il est même plutôt martyrisé.

Avant de sortir, retour dans les couloirs, dernier arrêt pour admirer encore un peu cet endroit si spécial. Passage par la fenêtre et enfin extraction du lieu. En bons Samaritains les issues un peu « faciles » d’accès ont tenté d’être consolidées, mais pas vraiment les outils pour. Retour à la voiture avec des étoiles dans les yeux, un spot fort intéressant qui restera en mémoire.

La galerie de ce deuxième périple est à voir sur Flickr, enjoy !


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