Château de la vipère

Château / Urbex / 29 octobre 2016

Château abandonné, château hanté, château visionné. Les vives et ardentes imaginations l’ont bientôt peuplé de fantômes, les revenants y apparaissent, les esprits y reviennent aux heures de la nuit. [Jules Verne, Le Château des Carpathes]

Un château, encore un

Le spot du jour est le « château de la vipère » peu connu dans le milieu, ce qui est plutôt un avantage. De cette semaine Urbex, trois châteaux ont pu être visités. Celui-ci est le dernier des trois, avec au compteur le « château rouge » et le « château BC« . D’autres châteaux auraient pu être explorés durant cette escapade d’une semaine, mais l’entrée n’a pas pu se faire. Ils viendront prendre place dans l’article concernant les spots manqués.

L’édifice qui va être présenté a été visualisé sur la toile, dans un album Flickr. Voulant absolument le visiter, les recherches ont été longues, comme à l’habitude… Mais après plusieurs jours de recherche intensive, le spot a pu être enfin trouvé ! La route est donc prise en voiture, direction l’endroit en question.

L’équipe

D’Urbex Element, Xav et moi-même (Tom) étions présents pour la visite. Fred est venu également se joindre au groupe pour l’exploration.

L’arrivée proche du château

Sur Google Maps, le spot a clairement été identifié ainsi que les alentours. De ce fait, question tranquillité cela pouvait aller. Seule une maison isolée située à quelques centaines de mètres pourrait nous poser problème. Arrivés sur place, la voiture est « cachée » sur un chemin de terre. Le domaine est immense et une grande cour sépare la grille du château. Sur cette grille, un panneau rouge « propriété privée, défense d’entrer » attire le regard.

Château de la vipère 2

Ce sont donc les premières vues que le château nous offre. Comme à l’habitude, la pancarte dissuade légèrement, les questions se posent. Est-ce que l’édifice est vraiment endommagé au point d’être abandonné ? D’extérieur il présente plutôt bien ? Est-ce qu’on rentre au risque de se faire prendre ?

Et puis après tout, aucun bâtiment n’est réellement abandonné de toute façon. Alors pourquoi ne pas tenter ? C’est la fin de journée, les gens sont sûrement à table ou à l’apéro et ce n’est pas maintenant que le propriétaire va rappliquer.

L’immersion dans le site

Les dépendances à l’avant du château paraissent bien entretenues. Le château est certainement en restauration. Dans tous les cas, il n’y a pas d’échafaudages, d’outils de chantier, ou encore de véhicules qui le montrent. Les grilles sont bien vieilles et rouillées. À un endroit, les barreaux sont légèrement écartés. Seul Fred peut passer, impossible pour le reste de l’équipe. C’est décidé, Fred va donc baliser le terrain.

Château de la vipère 3

Toutes les dépendances sont fermées et bien fermées. Elles ne pourront pas être visitées. Il semble en être de même pour le château… L’attente devant est assez angoissante. Nous paraissons plus que suspects à attendre et Fred à l’intérieur de la cour n’a pas vraiment d’échappatoire si le propriétaire ou les voisins venaient à passer. Après un balisage de toutes les fenêtres de la façade, il s’avère qu’une entrée est possible avec un peu d’acrobatie. Ni une ni deux, l’escalade des grilles est entreprise et la direction du château est prise avec hâte.

L’immersion dans le château

Une fois entrés, l’adrénaline est à son apogée. Juste le temps de se remettre des émotions et la visite commence. Les conditions sont plus que bonnes, il fait un temps magnifique, l’atmosphère que dégage l’endroit est sympa et la tranquillité est de mise. Une fois incognito dans l’édifice, le coeur décélère doucement. C’est fou comme l’affût joue sur le psychologique. Telles des bêtes sauvages, une fois dans un environnement à notre avantage : pas au milieu de grands espaces à la vue de tout, mais dans un endroit confiné et caché, le courage, l’audace et la confiance reprennent le dessus.

Château de la vipère 4

La découverte peut commencer. Les pièces se succèdent au fil de l’avancée. L’intérieur est magnifique et recèle de petites choses sympas. Les boiseries sont toujours là, ainsi que le papier peint par endroits. Les contours de fenêtres, les cheminées, les rampes, les miroirs, tout est à sa place. Seule la nature a repris ses droits sur la bâtisse, mais aucun casseur ne s’est imposé, ce qui est vraiment plaisant. Les instants de visite sont savourés.

L’histoire

L’histoire du château est difficile à retracer. Il est possible néanmoins de trouver quelques informations par-ci par-là. Ainsi l’édifice n’est pas tout jeune, mais n’est pas non plus une relique. Construit au XIXème siècle, le château a remplacé un domaine qui appartenait à une abbaye. En effet, le château a été construit sur une propriété qui était utilisée par les moines pour élever des moutons.

L’architecture est très plaisante à admirer. D’un point de vue conception, il s’agit ni plus ni moins d’un corps rectangulaire. L’arrière de la bâtisse est flanquée de deux grandes tours circulaires. En revanche sur la façade par laquelle nous sommes entrés, les tours sont carrées, à peine saillantes.

L’endroit était voué à la construction d’un château car déjà au XVIème siècle la propriété était le siège d’un fief, où un écuyer devint seigneur des terres. Après avoir visité l’endroit et avoir fait des recherches sur l’histoire, il s’avère en fait que le château est maintenant utilisé par une association, qui a aménagé certaines pièces, ce que nous avons pu constater lors de la visite.

Retour sur la visite : le rez-de-chaussée

Les pièces du rez-de-chaussée possèdent des objets entassés. Dans d’autres il n’y a rien. Dans la plupart, les volets sont fermés. C’est assez frustrant quand on sait que derrière, un soleil magnifique est présent. D’ailleurs, comme c’est la fin de journée, il commence à descendre doucement ce qui ne renforce pas la luminosité dans le spot, qui est déjà bien faible.

Château de la vipère 5

Puis soudain, la découverte de l’entrée se fait. Elle dégage une atmosphère spéciale, un mélange entre le fabuleux et le film d’épouvante. Cette entrée n’est pas sans rappeler les films d’épouvantes célèbres comme « Conjuring« , « Sinister » ou encore « The Boy« . Se construire sa petite histoire ici n’est pas très compliqué avec l’environnement. Les photos s’enchaînent entre la rampe d’escalier, l’entrée et la merveilleuse commode d’entrée avec son miroir intact.

Château de la vipère 6

Les plus croyants en spiritisme et surnaturel peuvent se régaler ici (ou être effrayés !) car l’imagination peut aller très loin. Ce qui est plus concret c’est que les escaliers sont en sacré mauvais état par endroits. La vigilance doit être de mise. Néanmoins, malgré ces endroits assez hasardeux, la montée au premier étage peut se faire.

Le premier étage

À l’extrémité sud-ouest du château, une salle de bain possède encore sa baignoire. Elle est dominée par un graffiti… Probablement le seul du spot, ce qui n’est pas un mal. Si celui-ci aurait pu être évité, cela aurait été bien mieux. Une autre salle de bain est présente, beaucoup plus intéressante. Elle laisse découvrir une baignoire posée sur la tranche. Un placard aux belles boiseries est présent dans le fond, intégré au mur. Sur le côté, un meuble de salle de bain à deux vasques est encore pratiquement intact, avec son magnifique miroir. Une des plus belles pièces du château.

Château de la vipère 7

L’ascension

Dans les autres pièces, plus grand-chose d’intéressant. « Plus grand-chose » dans le sens plus d’objets. Certaines pièces sont vides. Par contre c’est tout bonnement fabuleux de pouvoir découvrir un spot pratiquement « intact » de toutes nuisances extérieures. Les boiseries sont belles, le sol présente encore des endroits préservés. Dans les couloirs les carreaux de ciments sont toujours fidèles au poste.

Le deuxième étage est envisagé. Seulement pas question d’emprunter les escaliers centraux qui ont été pris pour l’ascension au 1er étage. De grandes fissures sont présentes, entraînant même avec elles le mur. Le jour peut être vu au travers par endroits. Pas question de s’y risquer donc. Heureusement, à l’extrémité nord du château, dans l’une des tours carrées, d’autres escaliers sont présents. La visite peut continuer.

Château de la vipère 8

Le 2ème s’avère en fait être le dernier étage. Dans les combles, certaines pièces ont une configuration bizarre. Dans l’une d’elles une sorte de parasol japonais est présent au plafond. Cela fait penser aux ombrelles que l’on met sur les glaces, taille humaine.

Les pièces sont vides, mais encore une fois, elles présentent un sol, des murs et un plafond relativement en bon état. Dans une des pièces, des locataires ont élu domicile à l’improviste. Un nid d’oiseau est présent. La mère fait des allées / retour pour nourrir ses petits. Une petite scène très sympa à voir.

La sortie

La sortie est regagnée, lorsqu’au premier étage la découverte d’une terrasse est faite à l’une des extrémités du château. Quelle belle récompense pour achever une visite grandiose. Le coucher de soleil peut ainsi être admiré, dans un endroit fabuleux qu’il est difficile de quitter. La peur recommence à prendre du terrain : va-t-on réussir à sortir sans encombres ?

La sortie du château se fait par où l’entrée s’est déroulée une heure plus tôt. L’adrénaline recommence à grimper. Alors que nous nous sentions en sécurité à l’intérieur de l’édifice, se dévoiler à la vue dégagée n’est pas réjouissant. Finalement personne ne se présente une fois l’équipe sortie. L’entrée est bien refermée, avec soin, comme elle l’était à la venue. Puis la direction des grilles est prise. Pour Fred c’est une chance, pas besoin d’ultime escalade, pour les autres ce n’est pas le même tarif.

Dernière grosse frayeur et dernier coup d’adrénaline pour clôturer cette visite inoubliable et magique : en pleine ascension des grilles et donc arrivés en haut, un animal fait son apparition de l’autre côté. Ce qui vient tout de suite à l’esprit c’est la balade du chien avec son maître d’après le repas un soir d’été… Avec un peu de recul on peut s’imaginer avec aisance d’un coup la scène tournée en comédie, avec les deux gugusses entrain d’essayer de se démêler les pinceaux en haut des grilles possédant des piques assez vicieux, le troisième entrain de se faufiler tant bien que mal à travers les barreaux et le pauvre type qui promène son chien et qui voit la scène, effaré. Avec du recul, car sur le coup c’est la panique à bord. Pour la petite anecdote en fait ce n’était qu’un chat.

Finalement la voiture est prise, dernier regard sur cet endroit magnifique. La visite a été plus que bien, tout était lié pour la rendre fabuleuse : endroit très beau, qui a gardé de son charme et qui est en partie intact, temps de dingue et tranquillité absolue.

Petite dédicace à Fred qui a partagé la visite. Merci à lui d’avoir fait l’éclaireur.

La galerie de cet endroit magique est juste en dessous, enjoy !


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3 Commentaires

sur 8 November 2016

J’y avais photographié une « apparition » dans le miroir du meuble d’entrée…^^

http://www.flickr.com/photos/massif-central/14867465986/in/album-72157646928358647

Petite anecdote concernant le meuble de la salle de bain…
Lors de la prise de vue, il manquait la porte basse droite, j’ai fini par la trouver dans une autre pièce, et j’ai du mettre 5-10 mn pour la remettre en place…. ^^

En revanche la baignoire était belle et bien en place, ce qui n’est plus le cas… malheureusement

    sur 15 November 2016

    Merci pour ces petites anecdotes et les photos !
    On avait vu ta galerie Flickr après notre visite et on avait remarqué qu’il y avait eu du changement malheureusement…

    Après on ne pense pas forcément aux vandales ou autres puisque d’après l’histoire du château il serait utilisé par une association, donc pas vraiment vraiment abandonné…

sur 5 June 2017

Quel magnifique château! C’est la première fois que je le vois!



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