De la céréale au malt

Industriel / Street-art / Urbex / 3 septembre 2013

Si l’introduction des céréales est défendue en nature, les braves gens qui font les lois n’ont pas songé à prohiber les fabrications dont les blés sont le principe. [Honoré de Balzac]

Session nord de la France.

Deuxième spot de la journée dans le Nord de la France au 13 juillet. Premiers pas dans cette région pour UrbexElement déjà bien en émotion suite à la visite du premier spot « L’âge d’or des meuniers ».
Ce deuxième site est tout aussi hallucinant. Le terrain est beaucoup moins grand mais le spot impose quand même une prestance bluffante et scotchante.

De loin, le bâtiment intrigue. Il peut faire penser aux vieilles bâtisses lugubres présentes dans certains films. L’imposante structure peut faire penser à Batman mais aussi aux thrillers ou encore au décor de la scène finale de Full Metal Jacket.

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L’entrée.

L’entrée en tant que telle n’est pas forcément difficile, mais la trouver et se cacher de la vue de tout le monde est une autre paire de manche. Le quartier est plus à tendance industrielle donc pas forcément de soucis vis-à-vis du voisinage. En revanche, la circulation des véhicules est tout de même soutenue. Finalement le site a été atteint sous encombres, après quelques longues minutes de recherche.

La végétation est bien luxuriante et les herbes assez hautes. Aucun entretien et aucun « chemin » indiquant le passage éventuel d’autres explorateurs en vue. Ainsi, le site n’a très probablement pas été côtoyé depuis longtemps. Dans l’enceinte, sur un des côtés le mur est percé, l’entrée à l’intérieur du bâtiment se fait donc sans soucis, d’autres personnes ayant ouverts la marche bien avant.

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Exploration de l’intérieur.

L’arrivée à l’intérieur donne directement sur les marches. Celles-ci forment un vrai labyrinthe et sont nombreuses. Une vague impression d’être dans la bibliothèque du monastère du Nom de la Rose. Encore une fois, pas de rampes, mais ce n’est pas ce qui freinera.

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La salle aux trémies.

A chaque étage et dans chaque pièce une surprise apparaît. Ainsi, le premier étage est surplombé au plafond d’une multitude de trémies, chacune agrémentée d’un silo vu plus en hauteur. La salle en est remplie.

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Aux vues des graffitis présents, ce spot doit être bien connu des graffeurs de la région. Certains sont magnifiques, tout comme dans le premier spot.

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La salle aux silos.

Ascension au deuxième étage. La prédiction n’est pas fausse. Il y a bien des réservoirs présents au-dessus des fameuses trémies. Ces derniers sont encore intacts, mais recouverts de tags et graffs.

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Le site devait très certainement correspondre à une usine céréalière, un entrepôt voir même une malterie. Contrairement au premier spot fait dans la région, très peu d’informations sont présentes sur la toile.
Un des indices qui pourrait faire croire qu’il s’agit d’une ancienne malterie est cette machine, encore intacte.

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La probable histoire.

Il s’agit d’une machine qui permet d’étaler le grain dans le bassin situé en-dessous. Or ce genre d’appareil n’est pas forcément présent dans une simple usine céréalière à moins de vouloir procéder à une transformation. Ainsi, cela pourrait correspondre à une étape de transformation permettant d’aboutir au malt, qui est alors utilisé pour la fabrication du whisky et de la bière, ou encore du vinaigre.
En tout cas la machine est encore là, elle a survécu aux ravages du temps. Un vrai régal de pouvoir l’admirer.

Dans les étages.

L’ascension continue dans cette vieille usine. Arrivée au troisième étage. Celui-ci est parsemé de trous. Juste en dessous, les réservoirs ou silos qui eux-mêmes surplombent les trémies. C’est par ces trous que le céréale devait être acheminé pour remplir les cuves.

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Les graffeurs et les artistes faisant du street-art se sont un peu amusés avec l’environnement. Certains ont eu des idées originales, comme celui qui a peint une horloge sur une sortie de tuyauterie en métal. Ou cet autre personne qui s’est servi d’un trou pour réaliser son dessin.

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Beaucoup de machines ont tenu le coup à l’intérieur, ce qui fait réellement plaisir et qui en impose. Certaines ont une utilité inconnue. D’autres laissent entrevoir des vis sans fin qui permettaient d’acheminer un produit.

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De la rouille, de la poussière et des graffs sont bien présents sur ces machines, mais les techniciens et ingénieurs du génie des procédés seraient tout de même au paradis à cet endroit.

En hauteur.

Arrivée au dernier étage. Celui-ci fascine. Les trous présents au sol laissent entrevoir un fond noir non perceptible. Il s’agit des gros silos de stockage du site. Vu la hauteur et la non visibilité qui marque la profondeur, il n’est pas conseillé de tomber dans ces trous…
Les fenêtres de la pièce forment une atmosphère très particulière. Elles sont positionnées en hauteur et donnent une vue directe sur le ciel blanc. Tout le reste du paysage ne peut être vu. Ainsi, une grande impression d’être dans les nuages se fait ressentir, une impression de ne plus avoir les pieds sur terre et que le bâtiment a pris son envol.

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La lumière du soleil est juste magnifique. Celle-ci s’engouffre partout, dans les fissures, les murs cassés et les fenêtres. Le rendu photo est beau.
L’ambiance qui ressort de ce lieu est tout aussi difficile à exprimer, comme toujours. C’est une ambiance spéciale. C’est assez intrigant d’imaginer des personnes travaillant en ces lieux fut un temps. L’endroit est à la fois si dévasté et si beau que le contraste est scotchant.
S’imaginer que les machines ont fonctionné à un moment donné. S’imaginer l’abandon, le départ des ouvriers et ensuite le passage de toutes ces personnes différentes pour diverses raisons. Et du passage il y en a eu. L’émotion est toujours aussi forte et le départ toujours aussi difficile.

La sortie.

Seulement ce n’est pas sérieux de camper ici, la nuit n’étant pas propice. C’est donc avec des images et des histoires plein la tête que la sortie a été regagnée. Une fois en dehors de l’enceinte, c’est le retour à la réalité, le calme refait place au bruit, aux passages de voitures et à notre vie.

Direction maintenant le dernier spot, avec encore des étoiles pleins les yeux et un dernier coup de tête en direction de l’imposante bâtisse.

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Dédicace à Fred et Seb, eux aussi en ont pris pleins les yeux :-).

La galerie de ce spot est juste ici, enjoy !


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3 Commentaires

sur 8 March 2014

[…] intérieure du bâtiment se rapproche beaucoup des spots « L’âge d’or des meuniers » et « De la céréale au malt ». Normal, il s’agit également d’une meunerie. Dans l’idée la conception architecturale de […]

sur 15 April 2016

Salut,
Ce spot ne se trouve pas dans la Manche par hasard ?
Car j’ai repéré une usine qui y ressemble fortement et je comptais y aller prochainement si ça te dis de venir ?

    sur 19 April 2016

    Salut Marine,

    Non, ce spot ne se trouve pas dans la Manche, il faut voir bien plus haut encore ^_^.
    Cela nous aurait fortement tenté de venir avec toi dans le spot que tu as trouvé, mais ça fait un peu loin de chez nous ^_^.

    À l’occasion, si nous sommes dans le coin, pourquoi pas ?
    Hésites pas à partager tes photos de l’exploration, tu as un site Internet, une page ?

    Au plaisir,

    L’équipe Urbex Element



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