Froid glacial

Industriel / Street-art / Urbex / 13 octobre 2013

Un bâtiment pas si isolé que ça.

Alors que le soleil est haut dans le ciel, qu’il illumine et réchauffe bien en cette fin de mois de septembre, Urbexelement se perd dans les couloirs sombres d’entrepôts.

Contrairement au dernier spot réalisé (« Post Bac »), qui avait été carrément improvisé, celui-ci a été étudié et géolocalisé. Une recherche minutieuse d’information a été faite en amont sans trop de prise de tête. Ce lieu a mis un moment à tomber dans les bras, mais c’est maintenant chose faite.

Reflex, Maglite et équipements dans le coffre de la voiture, c’est parti pour l’aventure. L’entrée n’est pas trop difficile à percevoir et est même plutôt facile d’accès. La rue n’est pas trop fréquentée et le fait d’être en pleine après-midi rassure, les gens étant au travail.

Rencontre inattendue.

Pourtant c’est avec hésitation que la prise de décision se fait. Des chantiers sont présents un peu partout aux alentours, des personnes âgées passent et repassent. C’est alors qu’un jeune skateur fait son apparition et se faufile par l’ouverture, sans scrupules. Il ressort alors aussitôt après quelques secondes en immersion dans le spot.

Après une interpellation, une présentation et un échange gentillet, il propose alors de faire la visite guidée ! Qu’espérer de mieux ? C’est parti alors pour une immersion totale de trois heures.

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Kevin, le nom du jeune skateur, annonce en fait que ce spot est son terrain de jeu, à lui et sa bande de 30 potes. Il montre les endroits les plus intéressants du point de vue photographie. Il montre les moindres recoins et échappatoires. Il confie même leur salle « de jeu ». Il a fait un skate park seul, de ses mains. Ils ont installé plein d’accessoires, fauteuils, tables et autres. L’exploration urbaine, il la pratique lui aussi. Tous les bons spots de la région, il les connaît sur le bout des doigts. Un bon contact donc, avec un échange très intéressant.

Visite à deux.

Après avoir montré les endroits les plus intéressants il part et c’est à deux que la visite continue. Le temps de prendre des photographies et de contempler le lieu est maintenant bien pris.

Une fois immergés dans le spot, c’est en extérieur que les choses commencent. Le paysage ressemble fortement à une forêt tropicale. Le spot est en pleine ville et pourtant, parfois une impression d’être isolé à la campagne se fait percevoir. La rivière coule juste à côté, séparant cette friche des résidences. Personne ne peut voir ce qui se passe dans l’enceinte.

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L’entrée dans le grand bâtiment se fait par une brèche sur le côté. Une fois à l’intérieur, l’atmosphère est spéciale, pesante, froide et lugubre. Certains endroits sont bien sombres pourtant le soleil tapait cette journée-là.

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Les conditions de travail des salariés devaient être assez dures par le manque de luminosité. Ce sont des entrepôts qui permettaient de stocker tous les produits à conserver pour la région. Les chambres froides se succèdent donc normal que la luminosité ne soit pas présente.

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Aux abords d’un couloir, un vieux manuscrit est encadré sur le mur. Il s’agit du règlement professionnel type.

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La maison inconnue.

Au rez-de-chaussée l’entrepôt donne ensuite accès sur une maison et une autre partie de l’entreprise. La maison devait correspondre aux bureaux.

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Celle-ci est entièrement délabrée, comme le reste du site, elle n’y a pas échappé. Un étage est complètement brulé, des squatteurs ou des fêtards n’ont surement pas eu la jugeote de se dire que ce n’était pas trop l’endroit pour.

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La maison ne possède plus grand-chose d’intéressant malheureusement. Le peu de meubles qu’il reste a été dégradé. Les cheminées sont bien abimées, la plupart ont même disparu.

Dans une des pièces, un graffeur se démarque des autres biens piètres. Il s’agit de Veni ! Cet artiste aura laissé sa marque dans de nombreux spots. Toujours autant de talent, c’est indéniable.

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Ce sera bizarrement sa seule marque de passage sur le site. Rien de lui n’a été retrouvé ailleurs à part quelques suspicions sans affirmations sur certains murs.

Les marches donnant accès au dernier étage de la maison sont en bois et elles sont bien endommagées. Pour avoir tenté, l’action a été jugée trop dangereuse. Ainsi, pas d’accès aux combles.

Exploration de la cave.

Mais l’escalier en sens inverse mène à la cave. Une fois en bas, il s’avère en fait que celle-ci est constituée d’une multitude de galeries qui relient toutes les parties de l’entreprise.

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Une fois la visite de la maison achevée, les fameuses galeries sont prises pour rejoindre l’entrepôt initial.

Aux détours de couloirs, l’arrivée se fait alors dans une cour, petite et murée. Il devait s’agir d’un quai de déchargement.

Cour intérieure.

Cette cour offre quelques petites surprises intéressantes, comme cette vieille compteuse.

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Un chariot est encore là aussi.

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Par terre, il y a de tout et de rien, de vieilles piles électriques, des chaussures, des extincteurs ou encore des gravats.

Le périple continu dans les couloirs. La majeure partie des chambres froides ont gardé leur porte. Le système de verrouillage est encore présent. C’est assez impressionnant à voir.

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Comme toujours, le temps donne parfois l’impression de s’être arrêté. Il donne l’impression qu’une catastrophe a été annoncée et que tout a été laissé tel quel. Les graffs sont malheureusement là pour rappeler que l’abandon ne date pas d’hier au final…

La salle des machines.

La progression se fait jusque dans la salle des machines. Cette dernière est impressionnante. Les deux grosses chaudières Sagem en imposent. Elles trônent là au milieu de la pièce.

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Des petites cuves sont présentes sur les côtés, probablement des échangeurs de chaleur. Une grosse cuve en inox est là derrière. Tout est intact, seuls les graffs montrent que c’est abandonné. Au milieu de la pièce, des sacs de « boxe ». Kevin a expliqué précédemment qu’il s’agissait ici de leur « salle de sport ».

Derrière cette pièce pleine de surprises, une petite salle qui donne sur l’arrière-bâtiment. La végétation est là et la petite rivière s’écoule. Le vis-à-vis est pour le coup vraiment dissimulé. Aucune chance que les voisins voient quoi que ce soit dans l’usine.

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Cette petite pièce est aux abords d’un cours d’eau qui donne la sensation d’être encore en pleine campagne. Après cette petite pause silence apaisante à écouter le bruit de l’eau, la visite reprend.

L’entrepôt s’étend sur deux étages, identiques. Les couloirs et les chambres froides se succèdent. Les ascenseurs sont toujours présents.

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Sur les toits.

Au dernier étage, une échelle pas très stable mène sur le toit. D’après Kevin elle est fiable et la vue est imprenable une fois en haut. Pas d’hésitation alors, matériel dans le sac à dos, l’échelle est empruntée.

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Une fois en haut, pas de mensonges. La vue est juste magnifique. C’est parti, les appareils sont directement ressortis pour une immortalisation.

La vue sur la ville est magnifique et le haut du bâtiment abandonné en contraste avec les alentours offre quelque chose de beau.

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Avec grande surprise les graffeurs Zuik (présent un peu partout comme Veni) et Zyx (aperçu dans quelques spots) ont posé leur blaze aussi dans ce spot, mais apparemment juste sur le toit. Ils sont accompagnés de Luse, qui était jusqu’ici inconnu.

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La visite s’achève sur la découverte d’une autre maison, à côté de l’entrée et de l’entrepôt. Elle ne possède malheureusement plus rien d’intéressant. Il n’y a plus aucun document, plus de mobilier, rien de bien friand. La seule chose un peu intrigante est l’amas de bouteilles vides de White Spirit, peut-être une cinquantaine. Impossible de savoir si elles ont servi à des ouvriers, des réparateurs ou des vandales voulant simplement mettre le feu…

La sortie.

La sortie s’est faite sans hésitation assez rapidement pour ne pas éveiller les soupçons. Une fois dans la rue, la lumière du soleil est plus présente. Cette lumière aveuglante donne la sensation d’être restés dans une grotte perdue au milieu d’une forêt épaisse depuis quelques jours. Le retour à la réalité est maintenant palpable. L’ambiance à l’intérieur était très spéciale, à la fois lugubre et glauque mais aussi apaisante. Le bruit de l’eau faisait plaisir à entendre, il reposait et donnait l’impression d’être en campagne malgré le fait que le spot soit en pleine ville. Mais un climat quand même pesant se ressentait. L’humidité et le manque de lumière ne rassuraient pas.

L’endroit pouvait facilement retranscrire l’ambiance qu’il y avait avant. S’imaginer ainsi les ouvriers travailler en ces lieux n’est pas difficile et en impose.

C’est toujours dur de partir, même si le lieu est glauque, il n’en reste pas moins un terrain de jeu pour urbexeur et donne toujours envie de s’y rendre à nouveau.

Un grand merci et une dédicace à Kevin, qui nous a fait visiter les lieux.

Vous pouvez retrouver la galerie photos de ce spot sur ce lien Flickr. Enjoy et n’hésitez pas à partager !


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2 Commentaires

sur 6 September 2016

Toujours de belles trouvailles dans les salles des machines… :)

    sur 17 September 2016

    Effectivement, rien que les machines en elles-mêmes sont toujours aussi impressionnantes :)



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