Goodbye Miranda…

Actus / 31 octobre 2016

Personne n’aime les adieux, la petite aiguille qui taquine le diaphragme, on ne se reverra jamais. [La vie qu’on voulait, Pierre Ducrozet]

Nous avons décidé de faire ce petit article pour rendre hommage, à notre sens, à l’un des plus beaux et des plus légendaires spots Urbex au monde : le « château Miranda ».

Notre histoire avec ce château a commencé en juin-juillet 2013. Alors que cela faisait environ deux mois que nous avions formé le groupe Urbex Element, notre intérêt pour l’Urbex s’est vu grandissant. Découvrant à cette époque que visiter et photographier des lieux abandonnés relevaient d’une activité, alors que nous faisions cela si souvent étant ado.

Nous avons commencé à nous documenter. On nous a offert des livres, on a acheté des livres. On a ratissé tous les articles et sujets traitants d’Urbex sur la toile. Puis nous sommes tombés sur ce château, dans le livre du groupe Beauty in Decay (Beauty in Decay, Urban Exploration, éditions Carpet Bombing Culture) que l’on m’a offert en juin 2013. Nous avons alors pu voir sa beauté et sa prestance.

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Il était désormais en ligne de mire et il n’a pas fallu beaucoup de temps pour trouver ce spot fabuleux. Il était visité pour la première fois en novembre 2013, donc rapidement. Nous étions tranquilles. Malgré le froid, la pluie et la neige, l’exploration était magnifique, puissante, grandiose. Elle dégageait quelque chose de bon, d’agréable et d’émotionnel.

Peu de temps après, un mois environ, un avis de démolition est donné pour ce merveilleux endroit. L’affluence est trop importante par les explorateurs dont nous faisons partie. Le château est très affaibli par la mérule, champignon qui s’attaque aux édifices et fait des ravages en fragilisant leur structure et pouvant provoquer à n’importe quel instant leur effondrement.

Nous avons la chance d’y retourner en janvier 2014, c’était prévu dans notre planning du fameux road trip Urbex, l’équipe au complet : Xav, Matt et moi-même (Tom). Mauvaise idée à l’époque. Après le fameux avis de démolition, les gens ont eu comme une motivation soudaine pour aller voir l’endroit. C’était l’affluence. Et les conséquences ont été payées : garde et tout le toutim.

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Le propriétaire du domaine étant préoccupé par l’état du château décide de faire quelque chose. Il est impossible d’envisager une rénovation. L’édifice est trop grand et une réhabilitation de l’ensemble est ambitieuse, beaucoup trop coûteuse. De plus, sachant que l’endroit est très souvent investi par les explorateurs, le propriétaire prend peur. Il faut savoir que lorsqu’un endroit dangereux privé est visité, si un problème survient auprès des personnes sur site, ces dernières peuvent se retourner contre le propriétaire. Et cela, même si elles sont entrées illégalement sur une propriété supposée privée (les joies des lois)…

Une première annonce est faite fin 2013. Une pétition tourne alors en masse sur la toile. Relayée par les explorateurs, les amoureux du patrimoine mais aussi les historiens, architectes et autres. Une victoire avait été obtenue suite au report de la destruction. Mais après tout quel en était l’intérêt ? Vers où cela allait-il mener ?

Finalement ce qui devait arriver arriva. L’avis de démolition est pris en compte, validé. C’est courant semaine dernière que les pelleteuses et engins ont débarqué au pied du château. À l’heure où on écrit ces lignes, elles ont commencé à entreprendre leur tâche. À l’heure où vous lisez, l’édifice se voit tomber…

Nous voulions donc rendre, par cet article, un dernier hommage à ce château magnifique dont les visites ne nous ont pas laissés indifférents. Nous avons eu la chance de le voir deux fois. Certains l’ont vu beaucoup, d’autres jamais. Lorsque l’on fait de l’Urbex, on aime bien revenir dans certains endroits visités, malgré ce que l’on pourrait penser. Comme un collectionneur qui aime contempler ses trouvailles à de nombreuses reprises, un explorateur aime revenir dans « ses » endroits. Une chose est sûre, s’il avait toujours été debout, nous serions retournés le voir lors d’une escapade Urbex en Belgique, tellement il en valait le détour.

Place maintenant à de nombreux liens, pour raviver la mémoire encore toute fraîche de ce château, qui restera à jamais dans nos esprits.

  • Tout d’abord, un peu d’histoire pour connaître cet endroit : le château Miranda (nom donné en Urbex) était en fait le château de Noisy. Voici la page Wikipédia qui retrace un peu son histoire : Le château de Noisy sur Wikipédia
  • Pour contempler de superbes clichés, voici un grand groupe sur Flickr, où tout le monde peut poster des photos du château de Noisy (via Cédric) : Groupe Flickr château Miranda
  • Voici une superbe vidéo de Global Movie Production à voir et revoir en boucle (via Cédric) :

  • Un reportage vidéo passé aux informations sur la télévision Belge la semaine dernière (via Urbex Session) : Reportage infos Belge

Et si vous désirez encore en savoir plus sur ce merveilleux patrimoine, c’est à votre tour d’approfondir les recherches, tels de vrais explorateurs urbains !

Goodbye Miranda…


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2 Commentaires

sur 5 June 2017

Après avoir visionné plusieurs fois cette vidéo, elle dégage toujours autant d’émotions. Merci pour les liens que vous avez mis plus particulièrement le lien du groupe Flickr, je viens de le rejoindre à l’instant.

Pour l’histoire du château, j’avais trouvé quelques erreurs dans ce qui est dit sur wikipedia, et pour la création d’un site (que j’ai malheureusement un peu abandonné) j’avais fait un autre texte sur son histoire à l’aide de quelques liens et d’un livret donné par la famille au concierge du château en 1980. Le voici:

« Situées dans la province de Namur, en Belgique, les terres dénommées aujourd’hui ‘’Domaine de Noisy’’ appartiennent depuis le 11e siècle aux seigneurs de Beaufort de Celles. Plus tard, elles ont été léguées en héritage à leurs descendants et successeurs les Comtes de Liedekerke-Beaufort. Ce domaine était beaucoup plus vaste à l’origine mais certains évènements ont entraînés un rétrécissement de celui-ci.

Vers 1770, le Comte de Beaufort quittait le Château de Celles, aujourd’hui appelé ‘’Château de Vêves ‘’, pour habiter au Manoir de Noisy qui était aussi appelé ‘’Le petit château de Noisy’’ à l’époque. Cette habitation était décrite comme étant une jolie maison de campagne telle ce qu’on appelle une ferme ornée en Angleterre. Le comte de Beaufort préférait le domaine de Noisy à la forteresse de Celles car il était situé sur un beau plateau qui lui offrait d’agréables promenades. L’homme y a d’ailleurs passé le reste de ses jours.

En 1792, le comte Hilarion de Liedekerke-Beaufort et son épouse décident de se réfugier au Domaine de Noisy à cause de la révolution française. Pendant ce temps, le Château de Vêves subissait les ravages de révolutionnaires français.

Plus tard, son petit-fils, le comte Hadelin de Liedekerke-Beaufort et son épouse Isabelle Dopff, se plaisant à Noisy mais trouvant le manoir trop petit pour la vie de luxe qu’ils souhaitent mener, firent démolir le manoir et construire une nouvelle habitation au Domaine de Noisy à un endroit qui domine le vieux château de Vêves.

La construction du Château de Noisy, déjà surnommé Miranda, a débuté vers 1865 avec l’aide de l’architecte-paysagiste anglais Edward Milner qui dessina les plans du château. C’est également lui qui a dessiné le plan du parc de Noisy. L’architecte est décédé en 1884 et c’est un architecte français du nom de Pelcher qui termina ses travaux et fit construire la tour centrale.

Le château de Noisy devait être encore plus grand mais il fait finalement une superficie d’environ 1140m² avec dépendances, 4500m² avec les étages, s’élève à une hauteur de 20 mètres et possède une tour de 56 mètres de haut. Il est également constitué d’un peu plus de 100 pièces et de 550 fenêtres. Le Château est un rare exemple de l’architecture néo-gothique anglaise.

Pendant la deuxième guerre mondiale, Miranda a été occupé par les troupes allemandes et fut ensuite prêté aux œuvres sociales de a SNCB qui transformera certaines parties du château afin de le rendre apte à accueillir des groupes d’enfants pendant que le comte de l’époque continue d’y vivre avec sa famille dans l’aile droite.

En 1950, le comte décida de quitter définitivement le château pour aller vivre dans la ferme située à l’autre bout du parc. Grâce à cela, la SNCB disposait de l’aile droite, ce qui a permis d’agrandir les installations. Le château a servi de centre de vacances pour les enfants des employés de la SNCB jusqu’en 1977 pour des raisons encore floues.

En 2013, le comte actuel demanda un permis de démolition en évoquant des risques liés à la sécurité car des personnes viennent voir Miranda de façon illégale. Peu après, le château est inscrit sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon pour une durée d’un an afin de déterminer si i vaut la peine d’être classé qui ne le sera finalement pas. Pendant ce temps, des investisseurs montrent de l’intérêt pour le Château de Noisy mais leurs propositions ont toutes été refusées.

En 2015, le permis de démolir est délivré au comte de Liedekerke-Beaufort et une année plus tard, en octobre 2016, la démolition commence malgré tous les efforts et les protestations des défenseurs du château. La démolition a commencé malgré la tradition. En effet, le comte Aymar de Liedekerke-Beaufort (1846 – 1909), après avoir conservé la propriété jusqu’au début du 20e siècle, a recommandé à ses enfants d’en faire de même et de transmettre ces mêmes recommandations à leurs enfants. »

    sur 13 June 2017

    Hey !

    Merci Luana pour cet historique très intéressant, merci pour le partage !



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