Hôtel Regnier

Urbex / Villa / 2 août 2015

Les hôtels sont des refuges où le touriste soigne chaque soir son insatisfaction. […] [Jean Dutourd]

Dernier spot du roadtrip 2014.

Et voilà, toutes bonnes choses ont une fin. Voici le dernier spot qui a été réalisé lors du roadtrip de 2014. Ce dernier a été fait en fin de journée, le samedi. Puis le lendemain, dimanche, c’était le « Château Miranda » qui était fait pour boucler le voyage, mais nous avions déjà posté l’article pour vous souhaiter la bonne année 2015.

« L’hôtel Regnier » est un de ces autres spots d’Urbex vraiment plaisant de découvrir et visiter. L’endroit est malheureusement en état avancé de délabrement, et jour après jour c’est un véritable miracle que certaines parties tiennent encore. Certains endroits risquent de s’effondrer à chaque instant. La visite a été plus que dangereuse, mais elle en valait tout de même la peine.

L’entrée.

Arrivés sur place, la voiture est garée un peu plus loin pour ne pas éveiller les soupçons. Un premier passage devant le spot avait montré un accès difficile. Personne devant, mais l’hôtel est en bordure d’une départementale, très fréquemment utilisée. L’entrée se révélait déjà difficile et l’idée de passer par un accès à l’arrière n’était pas exclue. D’abord, une prise de vue de face est décidée. Pas une voiture à l’horizon alors pourquoi ne pas tenter d’entrer directement ? Seulement voilà, un homme est présent sur les lieux. Ce qui pouvait alors s’avérer être une entrave à notre exploration est devenu une véritable chance et une formidable rencontre.

Nous voyant avec les sacs à dos et tout le barda photo, l’homme fait un grand sourire et s’adresse à nous directement : « vous venez faire quelques photos de l’hôtel ? Vous êtes des explorateurs urbains c’est ça ? ». L’homme, d’un certain âge, connaît parfaitement l’activité et présente un vif intérêt pour cette dernière. S’amorce alors une bonne discussion, puis l’homme nous propose de nous laisser entrer et de prendre tout le temps que nous voulons pour explorer le bâtiment, nous mettant en garde des dangers qu’il recèle. C’est avec émerveillement et grand enthousiasme que la visite commence.

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Le rez-de-chaussée.

Le spot est très largement abîmé. Par endroits il n’y a plus de parquet. De plus, c’est par la cave que l’entrée s’est faite et autant dire que le rez-de-chaussée pouvait être directement admiré d’en bas étant donné que sur une bonne partie de la pièce il n’y avait plus de parquet. C’était alors comme une fusion entre la cave et le bas de l’hôtel. Cette cave est arpentée, dans la pénombre, puis des marches sont aperçues dans un coin.

Les marches montées, l’arrivée se fait dans le hall d’entrée, le fameux hall en communion avec la cave. Sa grandeur montre que l’hôtel devait être prestigieux. Sur le côté, des marches jonchent, en haut elles font place à un piano, qui survit malgré lui. Si des recherches sont faites sur le spot, on s’aperçoit très rapidement que ce piano et cette mise en scène ne sont pas anodins. Et pour cause, c’est très certainement la partie la plus connue du spot. Il n’est pas très compliqué de voir les photos qui s’enchaînent à cet endroit sur toutes les galeries trouvées sur le net.

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En vivant vraiment la scène, ce n’est plus du tout pareil que de rester derrière son ordinateur à regarder les photos des autres. S’immerger dans l’histoire de l’hôtel se fait peu à peu et sans problème. C’est très excitant de savoir qu’un siècle auparavant, des gens circulaient dans ce hall, étaient de passage, pour un voyage vers d’autres contrées.

L’histoire.

Cet hôtel a été construit dans les années 1900. Il accueillait alors beaucoup de gens de passage, qui traversaient le pays. L’hôtel était prestigieux et était réservé à une certaine catégorie de personnes à l’époque. Il n’est pas difficile de s’imaginer des hommes en costume trois-pièces et des femmes en grande robe circulant dans le hall de l’hôtel. C’est ce qui fait la magie de l’Urbex aussi.

L’hôtel a fonctionné jusqu’aux années 1980. L’homme rencontré nous a briefés sur l’histoire entière de ce bâtiment. Et pour cause, il a toujours vécu à côté. Pour lui, cet hôtel compte beaucoup et c’est la raison pour laquelle il « veille » dessus chaque jour. Les gérants auraient fait faillite et personne n’aurait alors pu reprendre le flambeau, laissant ainsi ce bel édifice à la merci de la nature.

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La visite continue.

En progressant au rez-de-chaussée, une belle salle de bal se laisse découvrir. Elle est en état avancée de délabrement, mais il n’est pas difficile d’imaginer ici une belle et grande salle de danse/bar/gala, aux années phares de l’hôtel. Maintenant, il n’en reste plus grand-chose, la végétation, la pourriture et les débris rappelant que nous sommes avant tout « locataires » et non « propriétaires » (de la Terre), comme ce que nous montrent tous les spots d’Urbex à chaque visite, et que la nature peut reprendre ses droits quand bon lui semble. La verrière est encore intacte, ce qui relève du miracle et qui est réellement plaisant pour les yeux.

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Le rez-de-chaussée laisse entrevoir également les cuisines, qui survivent tant bien que mal au désastre. En période de pluie et mauvais temps, c’est l’inondation assurée. Les infiltrations d’eau se font de partout, rendant la structure de l’hôtel encore plus dangereuse.

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Dans la cuisine les vitres sont encore préservées, le vieil homme devant certainement y contribuer un peu.

Le reste du rez-de-chaussée n’est qu’un entassement de débris. Certains endroits sont impraticables et ne laissent malheureusement plus rien d’intéressant à se mettre sous la dent. Dans une pièce, un coffre-fort est présent.

Les étages.

Les escaliers sont alors empruntés pour la visite des étages de l’hôtel. Le tapis rouge est encore en place. Certains endroits font penser à beaucoup de scènes de films ou souvenirs lointains. Dans les couloirs, les jeux de lumière sont prenants et c’est sans mal que les photos s’enchaînent. Dans les chambres, quelques vestiges sont encore présents, par moments des cadres aux murs, des rideaux ou encore des miroirs. Dans une chambre le mobilier est encore présent, le lit, un fauteuil, une table basse, tous les éléments de base constituants une chambre d’hôtel.

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Arpenter les couloirs n’est pas sans danger. Des fois le parquet semble bien mou, grince, s’affaisse sous les pieds. C’est donc avec beaucoup d’attention que les étages sont explorés. Les chambres sont toutes similaires, en symétrie. Le dernier étage fait découvrir les combles, aux allures de petite chapelle.

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La sortie.

La sortie est alors regagnée. Quelques photos sont faites de la façade, à l’architecture flamande et nordique, en « marche d’escalier » et briques rouges.

Après avoir bien profité et s’être imprégnés des lieux, nous sommes retournés voir l’homme avant de partir, pour le remercier encore de sa gentillesse et de l’intérêt qu’il portait à l’exploration urbaine. La discussion s’est encore engagée pendant une dizaine de minutes. L’homme nous donne alors une vieille brochure de l’hôtel, datant du milieu du XXème siècle. Un privilège d’avoir reçu ce document, fort riche en histoire. Les adieux se font et la voiture est regagnée afin de quitter les lieux.

Il est rare de rencontrer des personnes aussi sympathiques et plaisantes lors de visites. Cette rencontre a fait chaud au coeur et cela a été un réel plaisir de partager et dialoguer avec cet homme. Merci encore.

« L’hôtel Regnier » est un endroit magnifique, qu’il a été merveilleux de visiter. L’histoire du spot en fait un endroit attirant. Malgré l’état avancé de décomposition, le bâtiment fait toujours « rêver ». Malheureusement, personne ne sait encore pendant combien de temps il sera debout.

Pour découvrir la galerie photos, rendez-vous en dessous. À bientôt pour de nouvelles visites !


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6 Commentaires

sur 26 September 2015

Touchant, cet attachement pour un bâtiment… c’est sûr que ça fait plus plaisir de tomber sur ce genre de passionné, plutôt que sur un garde tout fâché…

    sur 4 October 2015

    Ça c’est sûr ! Nous sommes bien d’accord et on valide pour avoir vécu les deux situations !

sur 15 July 2016

C’est plutôt rare d’être accueilli à bras ouvert par un gardien! Pour ma part ça ne m’est arrivé qu’une fois, le reste du temps c’est dehors! Et il ne reste plus qu’à trouver un plan B :)

    sur 16 July 2016

    Oui c’est souvent à la porte que ça fini. Mais cet homme n’est pas vraiment un gardien, disons qu’il garde un oeil sur l’endroit mais n’est pas rémunéré pour le garder à proprement parler. Des gardiens sympas il y en a. Après on ne peut pas leur en vouloir de mettre à la porte, les endroits sont généralement privés et dangereux, c’est compréhensible d’être viré, même si c’est toujours rageant ^_^…

sur 5 June 2017

Oh je suis passé plusieurs fois devant en cherchant un autre lieu mais je n’ai pas osé y aller, il y avait beaucoup trop de passage et ça avait l’air fermé. Maintenant je regrette un peu, il est vraiment beau.

    sur 13 June 2017

    Il vaut vraiment le détour, c’est un très bel endroit.
    Par contre attention, il est très dangereux, la structure du bâtiment laisse à désirer et par endroits le parquet est douteux.



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