L’usine mystérieuse CLG

Industriel / Urbex / 25 juin 2020

L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau. [Mo Yan, Le maître a de plus en plus d’humour]

Une bonne vieille friche

Voilà bien longtemps que nous n’avions pas mis les pieds dans une friche. Voilà bien longtemps que nous n’avions pas eu le petit pic d’adrénaline qui va avec : sur quoi allons-nous tomber ?

Loin de la friche citadine (celle-ci est en rase campagne), il est néanmoins tout à fait possible de tomber sur de l’improbabilité la plus totale.

Mais, finalement, la visite sera bien reposante et sans encombres.

Cette usine abandonnée est située dans un petit village, loin de toute agitation. C’est en ce lundi de Pentecôte 2020 que nous partons à l’assaut de ce spot.

UMCLG vue aérienne 2

Une visite peu préparée

Dans notre précédent article, nous disions que l’Urbex s’improvisait rarement, qu’il fallait privilégier la préparation et les éventualités. Cette exploration est l’antithèse… Nous sommes tombés sur ce spot totalement par hasard en se dirigeant vers un autre spot ciblé.

C’est cela l’Urbex aussi, tomber sur un spot en réel, et non en fouinant sur la toile ou dans les bouquins. Ne voulant pas repousser la visite à dans plusieurs mois, étants sur place, nous avons foncé.

L'usine mystérieuse CLG 11

Néanmoins, avant toute entrée préalable, une petite étude sur une web map s’est avérée fort utile pour se dégoter une entrée discrète. (Le spot avait en fait été balisé la veille, ce qui a laissé un peu de temps pour une petite étude et recherche en amont).

C’est par l’arrière du site, à travers la végétation, que le chemin direction l’usine est emprunté.

L’exploration

On ne peut pas dire que l’entrée a été angoissante : lundi de Pentecôte ; matin ; sortie de confinement ; personne à l’horizon. C’est sans problème que l’immersion s’est faite.

Néanmoins, arrivés sur site, c’est avec une légère appréhension que la progression se fait. Les traces à travers les hautes herbes, les ronces et les orties, laissent à penser que les allées et venues sont fréquentes…

Finalement, les vieux démons refont toujours surface, sur quoi allons-nous tomber ? Un gardien avec un bon gros chien ? (Peu probable vu le spot ravagé).
De bons vieux punks n’acceptant guère les invités ?
Une partie de air soft ? (Ça ferait mal pour la prise de photos et la tranquillité…).
Un groupe de casseurs ou des récupérateurs ?

Rien de tout cela, la tranquillité et la plénitude seront les deux-maîtres mots de cette exploration.

L'usine mystérieuse CLG 5

L’usine dévoile de très grands hangars, hauts de plafond et larges. Les salles s’étendent à perte de vue.

Un premier bâtiment est visité dès l’entrée sur site. Il sert actuellement de décharge visiblement, pour des matières isolantes, à première vue.

L'usine mystérieuse CLG 1

Le corps central de l’usine laisse apercevoir trois grandes et longues salles, côte à côte. Les deux premières s’étendent de long en large d’un seul trait. La dernière est divisée en plusieurs « pièces » ou « compartiments ».

Vu la hauteur et la longueur, on peut supposer que de grosses machines étaient présentes à l’époque. Les nombreux panneaux mentionnant la dangerosité des machines l’attestent.

Ce sont ces pièces qui sont visitées tour à tour. Chaque coin est scruté, chaque interstice est visité, de peur d’oublier un endroit.

C’est la reprise qui fait cet effet et donne cette envie, après quelques années de non-exploration. Cela fait plaisir de reprendre cette activité, de se sentir seuls au milieu de cette immensité. D’être tranquilles l’espace d’une heure. En soi, l’usine n’offre plus grand-chose d’intéressant. Il s’agit d’une friche, qui a très nettement été saccagée…

L'usine mystérieuse CLG 3

Aucun document ne sera trouvé, aucune machine, aucun outil, rien. L’endroit est bien vide et a été livré aux casseurs, teufeurs et airsofteurs..

L’architecture est intéressante, la conception et la grandeur du spot lui donne quelque chose d’attrayant. Et puis le fait d’avoir cet endroit rien qu’à nous un peu de temps fait plaisir, en cette journée magnifique.

À l’autre bout du bâtiment central se trouve le corps administratif, qui correspondait en fait à l’entrée du site.

Ce bâtiment-là se présente en carré et s’étend sur un étage. À l’intérieur, il n’y a absolument plus rien… C’est bien dommage… Seules les traces de squatteurs et de casseurs ont été laissées. À l’étage, un incendie a eu lieu…

Une fois toutes les pièces visitées et les photos prises, le corps central du site est regagné.

L'usine mystérieuse CLG 19

Pour achever la visite, un dernier endroit est exploré, qui n’avait pas été vu jusqu’ici. Il s’agit d’un prolongement d’un des hangars. Malheureusement, il faisait trop sombre pour en tirer quelques images que ce soit, faute d’avoir un trépied. C’est à la lumière du portable que la progression et l’exploration se sont faites, digne d’un film épouvante. Des toilettes, des lavabos et douches sont aperçus. Également une salle, avec des inscriptions satanistes…

Finalement, après avoir fait le tour du spot pendant une bonne heure et demie, la sortie est regagnée.

L’histoire

Malheureusement, aucune histoire de ne peut être trouvée sur cette usine ! D’où le mystère total.

Sur la toile, après de multiples recherches, rien… Il faudrait demander à la commune pour avoir des informations au sujet de ce spot.

Il semblerait d’une source locale que l’usine aurait servi dans ses fins de jours au stockage de multiples magasines et livres. Mais rien n’a permis de le certifier une fois sur place.

L'usine mystérieuse CLG 27

Malgré l’absence d’histoire, se balader dans ces grandes salles reste toujours plaisant. Il est très difficile de retranscrire son ressenti lors d’une exploration, mais les sensations sont toujours présentes, même après un certain temps sans activité.

Avoir l’endroit pour soi l’espace d’un instant, profiter de l’immensité rien que pour soi. Avoir la sensation d’être loin de toute agitation, d’être dans un monde parallèle.

Profiter de la tranquillité et de la plénitude, qui auront définitivement été les maîtres-mots de cette exploration.

[Petite dédicace à Seb, qui se reconnaîtra].

Place à la galerie de photos, bonne découverte !


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