La maison aux cornichons

Urbex / Villa / 18 juillet 2016

Les cornichons ne sont pas tous dans les pots. [Proverbe canadien]

Le retour du retour

Voici notre second article 2016 ! Nous y croyons ^_^. Plus sérieusement, les derniers articles qui sont sous notre coude vont pouvoir voir le jour à présent. On vous réserve même des articles « actualités » sur des bouquins et un film, mais nous n’en disons pas plus.

Cet article traite de la première visite d’août 2015. À l’époque – comme maintenant d’ailleurs – nous n’avions guère le temps pour de l’Urbex, et cela nous manquait terriblement. Puis nous avons voulu organiser une petite semaine en août afin de se faire un petit road trip et pouvoir se faire des explorations. Comme un appel à l’Urbex, alors que nous recherchions des spots et que nous organisions notre voyage sur la toile, ce premier spot est venu à nous.

Un spot qui faisait de l’oeil

L’endroit était convoité depuis longtemps. À vrai dire juste par moi (Tom) car ce dernier est loin d’être en Auvergne, et donc inconnu de Xav et Matt. Cette maison est proche de chez ma famille, à quelques kilomètres et cela fait quelques années qu’elle est à l’abandon. De plus, son histoire est intrigante. En plein cagnard, chez mes parents pour un petit weekend avec la copine et le frérot, l’idée d’aller visiter le spot est venue naturellement.

L’équipe

Ainsi, pour cette visite, de l’équipe Urbex Element, j’étais le seul présent. Xav et Matt n’ont pas pu m’accompagner car trop loin et l’exploration avait été décidée sur un coup de tête. Fred était de la partie pour la visite.

L’arrivée

Le spot est situé juste au bord d’une départementale bien fréquentée, au milieu d’une forêt. En réalité il s’agit d’une petite forêt, qui est entourée de champs à perte de vue. Impossible de se garer au pied de la maison, cela aurait éveillé trop de soupçons étant donné la fréquentation de la route. Il n’y a pas de chemins visibles menant dans la forêt également à proximité. Finalement, la voiture est garée bien plus loin dans un bosquet. Un long périple se met alors en place pour gagner la maison à pied. Passage obligé dans les champs de blé et dans la forêt. La maison sera gagnée par l’arrière.

Une maison digne d’un film épouvante

Une fois arrivés assez proche pour y voir quelque chose, une atmosphère assez lugubre s’en dégage. Et encore, c’était le plein mois d’août, en pleine après-midi sous un soleil magnifique. Imaginez la même visite en automne ou hiver et c’est l’angoisse assurée.

Photo UE

À l’extérieur, un amas de détritus et d’objets en tous genres s’entasse. Ainsi, il est possible de trouver de la ferraille, des vélos rouillés, des bouteilles en métal, un vieux compresseur, des outils de jardinage rouillés, etc. L’approche se fait en douceur et sans bruits. Il faut descendre une grande pente pour atteindre le « jardin » de la maison car cette dernière se trouve en contrebas. Le cadre est sincèrement digne de films d’épouvante.

Photo UE

L’entrée

Une appréhension se fait alors ressentir. La maison est abandonnée c’est sûr – quoi qu’il peut y avoir des doutes car lorsqu’elle était habitée elle était déjà dans un sale état – mais qui dit qu’il ne s’agit pas maintenant d’un squat ? Ce qui serait fort probable. L’approche se fait doucement, limite à reculons. Puis finalement l’entrée se fait par le chenil, après de longues minutes d’attente.

Photo UE

L’histoire

Cela amène à l’histoire de cette maison. À l’intérieur, évidemment, aucun document ne peut donner des indices quant aux anciens locataires de cette demeure en piteux état, puisque comme d’habitude, rien n’a été trouvé. En réalité, c’est le vétérinaire du coin qui nous a renseignés sur les anciens habitants de ce spot ! Il s’agissait d’une famille nombreuse, qui élevait beaucoup de chiens, une dizaine. Voilà la raison de la présence du vétérinaire dans le récit.

En fait, l’histoire est bien plus lugubre que cela, les gens qui vivaient dans cette maison ne couraient pas sur l’or. Il s’agissait d’une famille qui vivait en autarcie, qui ne sortait que très rarement de chez elle et qui élevait ses dizaines de chiens. Une histoire assez glauque, qui peut laisser imaginer beaucoup de choses… Autant dire que ce qui était le plus à craindre en arrivant sur les lieux était évidemment la présence de chiens.

Par la suite, la famille a été relogée dans un logement social plus décent, la maison ayant été déclarée officiellement insalubre.

L’intérieur de la maison

L’insalubrité n’a pas été difficile à voir, déjà en extérieur, mais surtout à l’intérieur. Au rez-de-chaussée – comme dans toute la maison d’ailleurs – il n’y a plus grand-chose d’intéressant. La demeure est pratiquement vide. L’ambiance fait froid dans le dos. Ainsi, les pièces sont visitées une par une. Un bon nombre d’entre elles sont dans la pénombre étant donné que les fenêtres ont été barricadées. La porte d’entrée n’est pas vraiment fermée, elle claque légèrement par le petit vent qui se forme. Une des pièces du rez-de-chaussée forme un cul-de-sac. Elle laisse entrevoir un tas de cartons, des ustensiles de cuisine et un meuble dans lequel sont entassés de nombreux bocaux renfermant des cornichons.

Photo UE

L’étage

À l’étage, la plupart des pièces sont vides. Certaines ont des cheminées, d’autres des lavabos. Dans l’une d’entre elles, une table et des chaises survivent.

Photo UE

Les photos s’enchainent, mais c’est dur de trouver de la luminosité. Malgré le soleil dehors, la maison est située dans la forêt, donc entourée d’arbres et de plus les fenêtres sont pour la plupart rafistolées avec du carton ce qui bloque les rayons du soleil. Les déplacements se font sans bruits, seul le parquet craque sont les pas. Puis soudain, un grincement se fait entendre. Des bruits, il y en a eu tout le long de la visite : le parquet qui grince, le vent qui fait bouger le plastique ou les bâches, ou encore les portes qui couinent. Mais là c’est différent, le bruit était vraiment similaire à une porte qui couine en s’ouvrant en grand, puis ensuite qui se referme. Les regards se croisent avec des yeux grands ouverts. Immobilisation totale, sans gestes comme si la position de « statue »  allait changer quelque chose, le palpitant commence à pomper dare-dare et à accélérer bien comme il faut. Après quelques minutes, rien. Finalement ce n’était (sûrement) que le vent, car plus aucun bruit similaire à une présence humaine n’a été décelé.

Le grenier

Un escalier mène au grenier, dans lequel il n’y a plus grand-chose. Un grand trou est béant dans la toiture, ce qui laisse à penser que la maison ne va pas tenir très longtemps debout.

Photo UE

La sortie

Le rez-de-chaussée est regagné. Pour sortir par où l’entrée s’est faite (c’est-à-dire par derrière), le passage se fait devant une porte qui mène à la cave. À l’ouverture, la pénombre et le noir total se côtoient. Impossible de descendre faute d’avoir une lampe. Et puis sincèrement, l’angoisse était tellement palpable que l’envie ne s’en faisait pas vraiment ressentir.

Avant de regagner le chenil, un passage s’est fait par une sorte de grange accolée à la maison, où un tas de bois est présent.

Photo UE

Le sol en terre battue de cette « pièce » accolée à la maison peut laisser voir l’état dans lequel vivait cette famille. Le statut de maison insalubre est tout à fait justifié.

La sortie par l’arrière de la maison est alors faite, puis la marche en pleine forêt et dans les champs se fait pour regagner la voiture.

Ce fût une visite riche en adrénaline et assez angoissante, mais très sympa. Le cadre rendait vraiment l’ensemble digne d’un film d’épouvante. Nous ne saurons pas vraiment quel était ce bruit qui n’était pas « habituel », mais il aura contribué à faire monter l’adrénaline lors de la visite. L’histoire de la maison est assez lugubre du peu qu’il eut été possible de prendre comme informations, et à vrai dire pour ce spot c’est plutôt cela qui a été intéressant, en comparaison aux peu de choses présentes à l’intérieur.

Aux dernières nouvelles, la maison doit être détruite par une entreprise spécialisée. En tout cas pour le moment elle est toujours debout.

Petite dédicace à Fred qui a partagé l’exploration, la visite et la montée d’adrénaline.

La galerie photos est située juste en dessous. On se retrouve rapidement pour les autres récits d’août 2015 !


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2 Commentaires

sur 5 September 2016

Belles lumières sur vos clichés! Et mention spéciale pour le proverbe canadien, l’un des meilleurs que j’ai entendu récemment :)

    sur 17 September 2016

    Merci !
    Oui le proverbe est de loin un des meilleurs que l’on ait trouvé ^^.



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