Mazurka

Industriel / Urbex / 20 juillet 2015

On prend toujours un train pour quelque part. Au bout du quai flottent des mains et des mouchoirs. [Gilbert Bécaud]

Un spot fantôme ? Pas tant.

Et voici l’article traitant de l’avant-dernier spot fait lors du roadtrip de 2014. Le balisage de ce dernier a été quelque peu spécial. En effet, impossible de mettre la main dessus lors de l’organisation du roadtrip. Après de multiples recherches, le spot est introuvable. Tant pis, il ne fait alors pas partie de la liste. Les premières journées de la semaine ont été marquées par quelques échecs et déceptions. Puis lors du début de journée du samedi (l’avant-dernier jour du voyage), un autre spot n’a pas pu être fait. Nous avions un peu de temps devant nous, le temps de prendre un café dans une bourgade avec Wi-Fi. Ni une ni deux, téléphone à la main, un coup de Google Map est fait. Au bout d’un quart d’heure, le spot est enfin trouvé ! (Enfin, nous avons misé dessus car impossible de savoir réellement si c’était le spot en question).

Étant donné que nous étions proches géographiquement, la voiture est prise direction le spot présumé. Après avoir étudié brièvement le terrain pour se faire discret, la voiture est garée à l’abri de toute suspicion. Une marche d’une quinzaine de minutes s’engage afin d’accéder au spot en toute discrétion. Ce dernier est situé en contrebas. Il s’agit d’une partie de gare, totalement abandonnée. Très étrange étant donné que l’ensemble du site est encore réellement en activité. Seule cette portion est laissée à la merci de la nature. Ce coin révèle alors un immense hangar et quelques locomotives. La descente pour accéder à ces merveilles et quelque peu hasardeuse, pas évident avec le matos.

Finalement, l’arrivée en plein milieu du spot se fait sans attendre. C’est à travers la végétation dense que la progression s’est faite, à croire qu’une forêt tropicale devait être traversée pour parvenir à la récompense.

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Comme quoi par moments, l’Urbex reste mystérieuse. Il est possible de passer plus d’une journée à chercher un endroit sans résultats probants. Et des fois en quelques minutes un spot peut être trouvé. Cela a été une veine au final d’avoir mis la main sur cet endroit, car il est vraiment intéressant et plaisant. La visite est reposante, apaisante, et la découverte des locomotives est juste sublime.

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Le début de l’exploration.

Ces dernières ont été sorties. Sur des photos réalisées par d’autres explorateurs elles sont dans le hangar. Il y en a cinq en tout. Leur nombre a fortement diminué par rapport à ce qui a été vu sur d’autres photos, certains urbexeurs ont eu la chance de voir un florilège de trains différents. Les cinq qui trônent devant nous au moment de la visite sont toutes semblables. De couleur verdâtre à grisâtre avec leurs bandes jaunes. Elles sont toutes ouvertes et leur état montre bien un abandon certain. Pourtant, elles sont tout de même encore assez préservées, ce qui fait plaisir.

Les appareils sont sortis, place alors aux prises de vues diverses et variées, selon l’inspiration. Les locomotives sont toutes visitées, les unes après les autres. L’exploration est vraiment agréable, d’autant plus que le soleil était de sortie ce jour-là, légèrement, donnant une ambiance plus sympathique.

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L’histoire.

Il s’agit d’un ancien dépôt de trains. Celui-ci se trouve dans une région industrielle du pays. Les locomotives qui étaient – sont pour les cinq restantes – présentes permettaient d’acheminer et de convoyer tous les matériaux industriels comme les minerais ou encore les produits fabriqués. Mais du fait du fort déclin de l’activité industrielle du secteur, ces trains n’avaient plus d’activité. Ils étaient entreposés ici en attendant une reconversion… Chez le ferrailleur…

Maintenant, seules les cinq locomotives sont encore sur place. Dans un avenir incertain, elles ne seront surement plus là…

Mazurka.

Les locomotives portaient toutes un nom. Les cinq étaient des locomotives de manoeuvres lourdes. L’une d’entre elles avait pour nom Mazurka, un nom qui sonne plutôt bien. Dans cette dernière, pas mal de mises en scène ont été faites. Une autre avait le nom Bravo.

Pour la plupart d’entre elles, certaines vitres et instruments étaient cassés, mais les locomotives étaient plutôt bien préservées quand même. Pourtant, d’après certains sites Internet, il y a beaucoup de passage dans ce spot.

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Le hangar.

La direction du hangar est ensuite prise. À l’intérieur, plus rien d’intéressant. Ce dernier est vide. Le tour est fait, sans grandes découvertes. Sa grandeur est vraiment impressionnante, dommage qu’il n’y ait rien à se mettre sous la dent.

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Bye Bye.

La visite prend fin, la sortie est regagnée, par où l’entrée s’est faite. Une remontée tout aussi hasardeuse que la descente, mais sans encombres. La voiture est regagnée afin de prendre la direction de l’autre spot du jour.

Ce dépôt de train était vraiment sympa à découvrir, un réel bonheur de pouvoir circuler aisément entre les locomotives. C’est limite un rêve de gosse qui se réalise ici. Pour tout passionné de train, l’endroit laisse songeur et il pourrait être facile de s’y égarer quelque temps, par la pensée.

Néanmoins, le spot a mal vieilli, aux vues des photos d’explorations faites bien avant (quelques années avant). Par rapport à d’autres endroits, le vandalisme n’est pas prioritaire, mais est tout de même présent. Il ne reste par ailleurs plus beaucoup de matériel, juste cinq locomotives, contre une bonne dizaine fut un temps. Pour nous, qui n’avions jamais fait la visite avant, l’endroit était vraiment agréable et l’explo plaisante. Maintenant, pour ceux qui sont déjà venu là quelques années avant, la déception peut se faire grandement ressentir. Lorsque ce n’est pas l’organisme lui-même qui se charge d’acheminer les trains chez le ferrailleur, ce sont les « ferrailleurs clandestins » qui viennent jusqu’ici. Encore un spot laissé à la merci de la nature, avec un avenir incertain, qui pourrait fortement tendre à définitivement disparaître d’ici quelques années. Dommage..

Pour admirer la galerie de photos prises lors de la visite, c’est juste en dessous :).


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4 Commentaires

sur 30 August 2015

Ah ah, ce fameux dépôt. Je l’ai connu avec une quarantaine de locos. C’est moi le premier qui l’a découvert en 2003-2004 et qui l’a rencardé à deux ou trois autres explorateurs. A cette époque pas si lointaine, nous n’étions que quelques illuminés à pratiquer l’Urbex. Il y a des photos sur mon site qui doivent dater de 2005-2006.

    sur 31 August 2015

    Nous avons vu ça sur votre site Internet, effectivement il y avait beaucoup plus de locomotives et de choses à découvrir, rien à voir avec ce qu’on a pu voir… Lorsque nous avons mis en ligne l’article il y a quelques semaines, une exploratrice a commenté en disant qu’il n’y avait plus rien du tout au moment où elle y est passée, en début d’année 2015.

    Nous avons eu « la chance » de pouvoir admirer les 5 dernières locomotives, mais c’est sûr que ça ne ressemblait en rien à ce que vous avez vu il y a quelques années. Nous aurions préféré voir plus de machines. Ce qui nous avait donné envie était l’exploration faite sur le site « Boreally » de Pierre-Henry Muller, qui lui aussi a pu voir beaucoup de machines déjà. Imaginez notre déception lorsque nous avons vu qu’il ne restait que quelques locomotives… Mais nous sommes content d’avoir pu admirer les derniers vestiges de ce site.

    Au plaisir, nous gardons votre site Internet précieusement, vous avez de très belles explorations.

    L’équipe Urbex Element

sur 15 July 2016

J’aime bien le nom « Bravo », c’est tout mignon…

    sur 16 July 2016

    Cela nous fait penser aux films sur la Seconde Guerre Mondiale nous, quand les pilotes Américains sont dans les avions et qu’ils passent des appels radios…



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