Quatre colonnes au milieu du chaos

Château / Urbex / 15 mai 2013

La lande rase, rose et grise et monotone – Où croulent les manoirs sous le lierre et les ifs. [José Maria de Heredia]

Premier château abandonné d’exploré.

Un spot encore relativement connu dans le monde de l’urbex : un château abandonné au milieu d’un énorme domaine. Cet endroit est magnifique malgré le chaos dans lequel il baigne. Hautes herbes, bâtisse très (très) dégradée, fenêtres et portes cassées, étages écroulés et dépendances dans un sale état. Mais l’architecture est tellement hallucinante, qu’il est difficile d’en dire du mal.

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L’entrée.

Pour rentrer, niveau 8/10. L’accès peut paraître facile à première vue. Le site est formé d’un très grand espace qui entoure la maison, avec les hautes herbes et les arbres, qui peut correspondre limite à une forêt. Mais les habitations aux alentours sont souvent aux aguets et il est connut que ce spot soit souvent surveillé par les habitants du village. L’infiltration en mode Splinter Cell a donc été de rigueur ici.

L’arrivée s’est faite par le côté gauche du château. Après en avoir fait le tour, prise de quelques clichés de la bâtisse. Malgré l’état désastreux du château, l’architecture reste très intéressante.

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L’histoire et l’architecture.

Pour la petite analyse, il s’agit d’un château du XIXème siècle, situé dans la seconde moitié. Il est de style historicisme (ce qui correspond à la copie de styles anciens) et éclectique. Tous les styles architecturaux anciens sont repris. Ainsi, des éléments de décors Gothique et Renaissance sont présents. Deux échaudettes sont visibles en façade. Elles sont typiques du fantasme médiéval qu’avaient les architectes du XIXème.
La porte jonche au-dessus d’un perron avec des marches bien abîmées. En hauteur, sur la porte, une ferronnerie impeccable est encore présente.

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L’arc en anse de panier situé au-dessus de la porte traduit une affirmation Gothique tardive, à la frontière avec l’architecture Renaissance française.
Bien au-dessus, une fenêtre ornée d’un blason. La fenêtre est typique de la Renaissance, quant au blason, aucune information dessus.
La balustrade quadrilobée est également une référence à l’architecture Gothique.

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A l’intérieur.

Une fois à l’intérieur du château, des marches sublimes trônent derrière la porte d’entrée, entourées de quatre colonnes massives. Le point phare du spot.

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L’intérieur est tout de même bien abîmé. Le toit ayant subi quelques fuites et étant dégradé à certains endroits, l’eau a fait effondrer les deux étages du château. Impossible alors de pouvoir accéder aux niveaux supérieurs.

Niveau dangerosité, c’est un score de 9/10. Tout est éboulé et des parties tiennent encore miraculeusement. Les poutres et murs sont imbibés d’eau et menacent de tomber à tout moment.

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La Commune a dû se rendre compte du danger, certaines salles du rez-de-chaussée sont barricadées afin d’éviter toute entrée.

L’histoire du château est assez mystérieuse. Peu de textes dessus et peu d’informations. Ce lieu aurait été dans les années 50 une maison de retraite pour les anciens combattants. Une plaque a été trouvée auparavant sur laquelle est écrit : « Au président Jean Volvey, fédération nationale des APG ». Elle n’a pas été vue au moment de la visite. C’est surement ce qui expliquerait la présence de cet ascenseur dans le château. La surprise était à son comble et assez peu banale.

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Exploration de la cave.

Après être sortie de la bâtisse, direction l’arrière bâtiment. La porte en bois massive rouge mène à la cave. L’ouverture amène à une appréhension et une montée d’adrénaline. Que va-t-il y avoir derrière ? A l’ouverture, les couloirs laissent à penser que la cave est bien grande, ce qui est le cas. Elle s’étend sur toute la superficie du château. Plusieurs pièces sont présentes. Un vrai moment de bonheur.

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En réalité ? Il s’avère que la cave recèle de surprises et joyaux. Un vrai régal. Découverte rare de vaisselles encore sur les lieux, quelques assiettes, un petit pichet et des bocaux en verre. Une réelle surprise pour le coup, même s’il ne reste plus grand-chose. Les teuffeurs (car il y en a eu aux vues des bouteilles de Kro qui jonchent le sol) ont épargné le peu de vaisselle qui reste.

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En progressant, découverte d’une grosse cuve rouillée, énorme ! Il est clair que celle-ci n’a pas été conçue au moment de la construction du château. Ceci laisse donc à penser que ce dernier a eu plusieurs utilisations, l’ascenseur et cette cuve pouvant confirmer la rumeur de la maison de retraite pour les anciens combattants.

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D’ailleurs l’ascenseur s’est retrouvé à la cave, peu dégradé ce qui est assez bizarre par rapport à l’état affaibli du bâtiment (fêtes, squattes et quelques graffeurs).

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Le château regorge de petites merveilles, comme ce petit monte-charge, qui permettait très certainement d’acheminer les plats préparés, qui provenaient de la cuisine.

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D’ailleurs en ce qui concerne la cuisine, les hôtes sont encore présentent. Tout du moins le strict minimum, ce que les recéleurs de métal n’ont pas pu prendre.

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Et là, pour achever le tout, grosse découverte des chambres froides, encore en bon état ! La marque Frigidaire a été choisie pour ce type d’installation.

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Exploration des dépendances.

Après la remontée à l’air libre, direction les dépendances, tout aussi intéressantes ! Cinq bâtiments tous différents les uns des autres.

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Le garage.

Le premier est un garage, bien grand, qui peut abriter bon nombre de voitures et véhicules.

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L’arrière bâtiment fait penser à un garage d’entretien, avec sa fosse mécanique que l’on retrouve souvent pour la réparation des camions ou autobus. Malheureusement aucun outil pour confirmer cela.

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L’étage du haut est vide, aucune idée de son utilisation. Aux vues du nombre de billes à terre, les jeux de groupe devaient être idéal ici, comme l’Air Soft au hasard :-).

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La petite maison.

Le deuxième bâtiment est une maison, avec une table en bois, retournée. L’étage fait apparaître une pièce vide, qui donne sur le troisième bâtiment. Les deux bâtisses devaient communiquer, seulement plus d’étage.

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Une joie énorme aux vues du papier peint encore relativement intacte dans la pièce. L’odeur qui y règne peut faire ressurgir des souvenirs lointains de jeunesse, notamment cette petite odeur comme chez les grands-parents.

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Les écuries ?

Le troisième bâtiment, accolé au précédent, ressemble fortement à une gare ! Avec son horloge encore intacte. Phénomène rare puisque ces dernières sont souvent volées (ce qui était le cas pour la gare visitée précédemment (voir article « Point kilométrique : 3 488 »)). Ce bâtiment devait très certainement correspondre aux écuries, mais rien ne peut confirmer cela malheureusement.

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Le mystère.

Le quatrième bâtiment contient également ses petits bijoux, qui filent la patate à leur découverte aux premiers regards. Quel émerveillement devant ce métier à tisser horizontal mécanique ! Une si rare découverte qu’il ne sera pas donné d’en revoir un de sitôt.

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Les mécanismes sont encore présents et le rouleau possède encore du lin ! Par contre une bonne partie de la machine n’est plus présente. Aucune idée de ce que cet appareil fait ici, il n’est pas mentionné dans les historiques du château et impossible de savoir s’il a été placé ici en tant qu’activité pour les retraités ou s’il vient d’un autre site et qu’il a été déposé ici. Le local renferme également cette machine à laver.

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Aux vues de la disposition du bâtiment il est très certain qu’il s’agissait de la buanderie de la maison de retraite. Avec les emplacements pour machine à laver et évacuation d’eau. Ceci laisse alors encore plus perplexe en ce qui concerne la présence du métier à tisser.

Un autre mystère.

Le dernier bâtiment est relativement bizarre. Sa conception fait penser à une bâtisse religieuse. Les cases sont petites et étroites et laissent entrevoir la présence de casiers. Aucune information sur ce bâtiment également.

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Un spot bien intéressant et rentabilisé ! Une mine d’informations d’un point de vue architecturale. Son histoire reste tout de même bien mystérieuse, ce qui est bien dommage. Il offre encore beaucoup de surprises, comme l’ascenseur, les chambres froides ou encore le métier à tisser. Néanmoins il est difficile d’y rentrer et la dangerosité du lieu reste très importante par les risques d’effondrement.

Merci à Joh pour son aide à la rédaction, notamment pour l’analyse architecturale.

La galerie de photos est juste ici !


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7 Commentaires

sur 28 February 2015

Comme il est vraiment dommage de laisser ce manoir à l’abandon,quant allons nous réagir.?

    sur 1 March 2015

    Bien d’accord avec toi…

    Seulement le spot est vraiment irrécupérable à notre avis, pour le réhabiliter faut tout casser et reconstruire, pas possible autrement…

sur 28 September 2015

A propos du blason, je peux juste dire qu’il est surmonté d’une couronne de vicomte… :>

sur 25 July 2016

Le dernier bâtiment est tout simplement un poulailler/pigeonnier à mon avis ;) (Poulailler en bas, et pigeonnier dans la « tour » en haut.) Les casiers servaient pour que les volailles puissent nicher. J’en ai vu un similaire dans une propriété.

    sur 25 July 2016

    Ah bien vu! Cela paraît plausible, nous n’y avions pas pensé…
    Merci pour cette info!

sur 10 January 2017

Très beau spot, malgré le stade bien avancé de délabrement !! Si je peux me permettre, le métier a tisser ressemble d’avantage a une presse de séchage à roulement ;)

    sur 11 January 2017

    Merci pour l’info ! Probablement, cela peut être également cela, nous ne savons pas ce qu’est une presse de séchage à roulement donc pourquoi pas :)



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